L’accès aux services bancaires constitue une étape essentielle dans le parcours d’insertion des personnes nouvellement arrivées en France. Pourtant, pour beaucoup, ouvrir un compte bancaire reste encore aujourd’hui un véritable défi.
Dans le cadre des Rencontres de l’inclusion financière, l’Association pour la Fondation CRÉSUS et Emmaüs France ont souhaité mettre en lumière cette réalité dans le livret Regards croisés sur l’inclusion financière. Ce travail collectif propose des analyses et des pistes d’action pour mieux comprendre les enjeux de l’inclusion financière, notamment ceux liés aux à la bancarisation des nouveaux arrivants en France.
Un accès aux services bancaires encore difficile
Disposer d’un compte bancaire est indispensable pour participer pleinement à la vie économique et sociale. Il permet de percevoir un salaire, de payer un loyer, de recevoir des aides sociales ou encore d’effectuer des démarches administratives.
Pour les nouveaux arrivants, cet accès est souvent entravé par plusieurs obstacles :
- L’absence de documents administratifs officiels ;
- Les barrières linguistiques ;
- La complexité des démarches…
Ces difficultés peuvent retarder, voire empêcher, l’accès à ces droits fondamentaux.
Le droit au compte : un dispositif essentiel mais encore méconnu
En France, le droit au compte garantit à toute personne résidant sur le territoire la possibilité d’ouvrir un compte bancaire, même en cas de refus d’un établissement.
Ce dispositif constitue un levier important pour lutter contre l’exclusion bancaire. Toutefois, il reste encore insuffisamment connu des personnes concernées, et parfois complexe à mobiliser sans accompagnement.
Les démarches administratives, les délais ou encore le manque d’information peuvent décourager les bénéficiaires potentiels.
L’accompagnement, clé de l’inclusion financière
Face à ces difficultés, l’accompagnement joue un rôle déterminant. Les associations, dont la Fondation CRÉSUS et le réseau SOS Familles Emmaüs, sont en première ligne pour aider les nouveaux arrivants à :
- comprendre leurs droits ;
- constituer les dossiers nécessaires ;
- dialoguer avec les établissements bancaires ;
- et prendre en main la gestion de leur budget.
Au-delà de l’ouverture d’un compte, cet accompagnement permet de renforcer l’autonomie financière et de prévenir les situations de fragilité.
Inclusion financière et insertion sociale
L’inclusion financière ne se limite pas à l’accès à un compte bancaire. Elle s’inscrit dans un processus plus large d’insertion sociale et économique. Sans accès aux services financiers, les personnes peuvent se retrouver en situation de précarité accrue, avec des difficultés à accéder à l’emploi, au logement ou aux droits sociaux.
Faciliter la bancarisation des nouveaux arrivants contribue ainsi à réduire les inégalités et à favoriser leur participation à la société.

