Les violences économiques constituent une forme de violence encore largement invisibilisée. Pourtant, elles touchent de nombreuses personnes et peuvent avoir des conséquences durables sur leur autonomie financière et leur stabilité sociale.

Dans le cadre des Rencontres de l’inclusion financière, l’Association pour la Fondation CRÉSUS et Emmaüs France ont souhaité mettre en lumière cette réalité dans le livret Regards croisés sur l’inclusion financière. Ce travail collectif propose des analyses et des pistes d’action pour mieux comprendre les mécanismes d’exclusion financière, notamment ceux liés aux violences économiques domestiques.

Quand l’argent devient un outil de contrôle

Les violences économiques regroupent l’ensemble des comportements visant à contrôler ou restreindre l’accès aux ressources financières d’une personne. Elles peuvent se produire dans différents contextes, mais sont particulièrement fréquentes dans les relations de couple.

Elles prennent des formes variées :

  • contrôle des dépenses,
  • confiscation des revenus,
  • interdiction de travailler,
  • souscription de crédits au nom du partenaire…

Ces pratiques peuvent progressivement placer la victime dans une situation de dépendance financière, limitant sa capacité à prendre des décisions ou à quitter une relation abusive. Contrairement aux violences physiques, ces comportements restent souvent difficiles à identifier. Ils s’inscrivent pourtant dans un rapport de domination, l’argent devient un instrument de pouvoir.

Une violence souvent invisible

L’une des principales difficultés réside dans la faible reconnaissance des violences économiques. Parce qu’elles se déroulent dans la sphère privée et qu’elles concernent la gestion de l’argent au sein du couple, elles sont souvent banalisées ou mal comprises.

Beaucoup de victimes ne prennent conscience de ces mécanismes qu’au moment d’une séparation ou d’une crise financière. Elles découvrent alors des dettes contractées à leur nom, des comptes bloqués ou l’absence totale de ressources.

Cette invisibilité retarde la mise en place d’un accompagnement et complique l’identification des situations par les professionnels.

Des conséquences durables pour les victimes

Les violences économiques peuvent avoir des répercussions importantes sur la vie financière des personnes concernées.

Elles peuvent entraîner un endettement important, une inscription dans les fichiers bancaires ou encore des difficultés d’accès aux services financiers. Dans certains cas, ces situations conduisent à un risque accru de surendettement.

Au-delà des difficultés financières, la dépendance économique peut également renforcer l’isolement et compliquer la reconstruction après la séparation.

L’inclusion financière comme levier d’action

Face à ces enjeux, l’inclusion financière joue un rôle essentiel. Pouvoir disposer d’un compte bancaire, gérer ses ressources et accéder à des dispositifs d’accompagnement contribue à renforcer l’autonomie des personnes.

Les associations, dont CRÉSUS et le réseau SOS Familles Emmaüs, jouent un rôle central dans cet accompagnement. Grâce à leur présence sur le terrain, elles contribuent à identifier les situations de fragilité financière et à soutenir les personnes concernées.

📖 Regards croisés sur l’inclusion financière rassemble les contributions issues des Rencontres de l’inclusion financière, organisées par CRÉSUS et Emmaüs France. En s’appuyant sur l’expertise de terrain d’associations et d’acteurs engagés, cet ouvrage met en lumière les enjeux liés à l’inclusion financière et propose des pistes d’action concrètes pour en faire une réalité accessible à toutes et à tous.